Cônes de signalisation alignés sur une chaussée mouillée de nuit
Sécurité routière

Du pic de 1972 (environ 17 700 tués en équivalent 30 jours) à 3 263 tués en 2025, la mortalité a reculé d’environ 80 %.

Mortalité, blessés, accidentalité par mode et par réseau.

13.1

Bilan global de la mortalité routière en France

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L’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), rattaché à la Délégation à la sécurité routière (DSR) du ministère de l’Intérieur, est l’organisme de référence pour les statistiques d’accidentalité routière en France. Il publie chaque année un Bilan provisoire fin janvier (sur la base des données arrêtées fin décembre), puis un Bilan définitif fin mai (avec consolidation des données des 30 jours après l’accident et corrections). Les indicateurs principaux sont labellisés par l’Autorité de la statistique publique. Le Bilan définitif 2025 a été publié le 29 mai 2026.

Définitions ONISR (depuis 2005)

« Tué » = personne décédée sur le coup ou dans les 30 jours après l’accident. « Blessé hospitalisé » = victime admise plus de 24 heures à l’hôpital. « Blessé léger » = victime nécessitant des soins ou hospitalisation moins de 24 heures. Depuis 2018, l’ONISR utilise une méthode d’estimation conjointe avec l’Université Gustave Eiffel (Registre du Rhône) pour estimer le nombre total de blessés graves au sens MAIS3+, conformément aux normes statistiques européennes.

Tableau 13.1FRANCE MÉTROPOLITAINE

BILAN GLOBAL DE LA MORTALITÉ ROUTIÈRE (FRANCE MÉTROPOLITAINE)

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Libellé2016201720182019 (RÉF.)202020212022202320242025
TUÉS (PERSONNES)3 4773 4483 2483 2442 5412 9443 2683 1673 1933 263
ÉVOLUTION ANNUELLE—-0,8 %-5,8 %—-21,7 %+15,9 %+11,0 %-3,1 %+0,8 %+2,2 %
ÉVOLUTION / 2019+7,2 %+6,3 %+0,1 %—-21,7 %-9,2 %+0,7 %-2,4 %-1,6 %+0,6 %
TUÉS POUR 1 M HABITANTS54535050384449474849
ACCIDENTS CORPORELS (K)57,558,655,85845,152,554,451,651,6N.D.

Focus sur 2025

En 2025, la mortalité routière repasse au-dessus de la barre des 3 200 morts en France métropolitaine, avec 3 263 tués, soit 70 décès de plus qu’en 2024 (+ 2,2 %). C’est la deuxième année consécutive de hausse et, surtout, un niveau qui repasse au-dessus de la référence de 2019 (+ 0,6 %) : la France ne parvient donc pas à revenir sous son niveau d’avant-crise sanitaire, alors que l’objectif européen vise une baisse de 50 % entre 2019 et 2030. Le nombre de blessés augmente nettement (247 000, + 4,9 %), de même que celui des blessés graves (environ 16 800, + 5,2 %). Le taux de mortalité s’établit à environ 49 tués par million d’habitants. Comparée à ses voisins, la France reste dans la moyenne haute européenne : autour de 20 tués/M en Suède, 16 en Norvège, 33 en Allemagne, mais plus de 50 en Italie et près de 80 en Roumanie. L’écart avec les pays scandinaves s’explique pour moitié par les vitesses pratiquées et pour moitié par la qualité de l’infrastructure (sécurité passive, séparation des sens, traitement des points noirs). Avec les outre-mer. 252 personnes sont décédées sur les routes ultramarines en

13.2

Tendance de long terme – 50 ans de sécurité routière

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L’évolution de la mortalité routière française sur cinquante ans est l’une des trajectoires les plus impressionnantes de la statistique sociale. De 16 545 tués en 1972 (définition à 6 jours en usage à l’époque, soit ~17 700 tués en équivalent définition à 30 jours actuelle) à ~3 200 tués aujourd’hui, la baisse est de l’ordre de 80 %, alors que dans le même temps le parc automobile a triplé et la circulation a doublé. Cette section restitue les grandes étapes de cette baisse.

Tableau 13.2FRANCE MÉTROPOLITAINE

MORTALITÉ ROUTIÈRE : GRANDES ÉTAPES (FRANCE MÉTROPOLITAINE)

LibelléTUÉSNOTE / MESURE STRUCTURANTE
1972 – PIC HISTORIQUE16 545Avant les limitations hors agglomération (90/100/130 km/h instaurées en 1973)
1973 – CRISE PÉTROLIÈRE16 500Limitation à 90/100/130 km/h
199010 300Apparition de la ceinture obligatoire AR
1992 – PERMIS À POINTS9 900Création du permis à points
2003 – RADARS AUTOMATIQUES6 100Lancement des radars automatiques

Lecture historique.

La trajectoire de la mortalité routière française se découpe en quatre grandes phases : (1) 1972-1990, baisse rapide sous l’effet des limitations de vitesse, de la ceinture obligatoire et des progrès médicaux ; (2) 1990-2003, plateau relatif autour de 10 000 tués ; (3) 2003-2013, baisse soutenue grâce aux radars automatiques, à la lutte contre l’alcool au volant et à l’amélioration de la sécurité passive des véhicules ; (4) 2013-2025, ralentissement de la baisse autour de 3 200-3 500 tués/an, malgré l’arrivée des aides à la conduite (ADAS, cf. section 13.9) et de motorisations plus sûres. La phase 4 traduit un effet de seuil : les leviers les plus puissants ont déjà été activés, et les marges de progression nécessitent désormais des actions plus fines (sécurité des deux-roues motorisés, alcool, distraction smartphone, infrastructures secondaires).

La courbe complète depuis 1948 fait l’objet de la figure 13.1 ; les chiffres par année proviennent des séries historiques de l’ONISR.

Graphique du rapport
13.1 – ÉVOLUTION DE LA MORTALITÉ ROUTIÈRE EN FRANCE MÉTROPOLITAINE (1948-2025)
Courbe de la mortalité routière en France métropolitaine de 1948 à 2025, avec un pic au début des années 1970
13.3

Tués par milieu (agglomération / hors agglomération / autoroute)

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Tableau 13.3

TUÉS PAR MILIEU EN FRANCE MÉTROPOLITAINE

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Libellé20212022202320242025ÉVOLUTION 2025
AGGLOMÉRATION9631 0391 0211 0301 031+1 (+0,1 %)
HORS AGGLOMÉRATION (HORS AR)1 9812 2282 1661 9241 973+49 (+2,5 %)
AUTOROUTE248294269239259+20 (+8,4 %)
TOTAL2 9443 2683 1673 1933 263+70 (+2,2 %)
PART HORS AGGLO + AR76 %77 %77 %68 %60 %—

Rupture méthodologique du tableau 13.3 – Sur 2021-2023, la somme des trois milieux (agglomération + hors agglomération hors autoroute + autoroute) ne reproduit pas le total annuel (écart de l’ordre de -250 à -290 tués), alors qu’à partir de 2024 elle y correspond exactement. Avant 2024, la ligne « hors agglomération » incluait l’autoroute (la ligne « autoroute » étant un sous-total déjà compté ailleurs) ; à partir de 2024, l’autoroute est ventilée séparément, sans double-comptage. Cette rupture explique la baisse apparente de la part « hors agglomération » de 76-77 % (2021-2023) à 68 % (2024), qui est un artefact de présentation et non une évolution réelle. À périmètre constant, le recul reste d’environ -11 % entre 2023 et 2024.

Les routes hors agglomération (hors autoroutes) concentrent 60 % des décès et environ 49 % des blessés graves en 2025, les vitesses plus élevées, l’absence de séparation physique des sens de circulation, et l’éloignement des secours. L’autoroute reste le réseau le plus sûr rapporté à la circulation : 259 tués pour ~101 Md veh-km, soit ~2,6 tués/Md veh-km, contre ~5,5 sur l’ensemble du réseau. Elle enregistre toutefois en 2025 une hausse de +8,4 % (+20 tués), à rebours de la tendance favorable de long terme. L’agglomération est quasi stable (1 031 tués,

Dataviz interactive
13.1 – RÉPARTITION DES TUÉS PAR MILIEU EN 2025 (FRANCE MÉTROPOLITAINE)
2025 :3 263 tués en métropole
  • Hors agglomération (hors autoroute) :1 973 (60 %)
  • En agglomération :1 031 (32 %)
  • Sur autoroute :259 (8 %)
Cône de signalisation orange sur une chaussée mouillée devant une intervention de secours
13.4

Tués par catégorie d’usagers en France métropolitaine

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Tableau 13.4

TUÉS PAR CATÉGORIE D’USAGERS EN FRANCE MÉTROPOLITAINE

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Libellé2022202320242025PART 2025
OCCUPANTS VÉHICULES TOURISME1 5651 5121 5181 54347 %
DEUX-ROUES MOTORISÉS71870672069721 %
PIÉTONS48843945650315 %
CYCLISTES2452212242357 %
OCCUPANTS VUL1041251201093 %

Faits saillants 2025 (ONISR)

– En 2025, le véhicule de tourisme représente 47 % de la mortalité (1 543 tués, + 25 vs 2024) mais seulement 30 % des blessés graves : pour la première fois, les occupants de voiture passent sous la barre de la moitié des tués. Les deux-roues motorisés reculent (697 tués, - 23) tout en restant très surexposés : 21 % de la mortalité et 31 % des blessés graves, pour moins de 2 % du trafic. La hausse de l’année vient surtout des usagers vulnérables non motorisés : piétons (503 tués, + 47), cyclistes (235, + 11) et surtout EDPm (79 tués, + 34, soit + 75,6 %). Les modes doux (piétons + cyclistes + EDPm) totalisent désormais 25 % de la mortalité et environ 36 % des blessés graves ; l’ensemble des usagers vulnérables (piétons, cyclistes, EDPm, 2RM) approche la moitié des tués. Les hommes restent 77 % des tués et 83 % des présumés responsables d’accidents mortels.

13.5

Tués par âge

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Les jeunes adultes (18-24 ans) restent la tranche d’âge la plus à risque d’être tué ou blessé gravement sur les routes : 2 fois plus que la moyenne. Les seniors âgés de 75 ans ou plus sont également surexposés (1,5 fois la moyenne).

Tableau 13.52025

TUÉS PAR CLASSE D’ÂGE EN FRANCE MÉTROPOLITAINE (2025)

LibelléTUÉS 2025ÉVOLUTION / 2024TUÉS / M HABITANTS
0-13 ANS58+12~6
14-17 ANS135+41~45 (forte hausse)
18-24 ANS523-696 (le plus élevé)
25-34 ANS474+33~57
35-44 ANS354-46~40

Alerte sur les plus jeunes. Après une décennie d’amélioration (les décès des 0-13 ans avaient reculé d’environ 60 % entre 2010 et 2024), l’année 2025 marque une rupture chez les mineurs : 58 enfants de 0-13 ans (+12) et 135 adolescents de 14-17 ans (+41) ont été tués, soit la plus forte hausse relative du bilan. Les 18-24 ans, eux, conservent un sur-risque structurel (96 tués/M, le taux le plus élevé), attribuable principalement à l’inexpérience de conduite, à la consommation d’alcool ou de stupéfiants et à la vitesse.

Hommes vs femmes. En 2025, 77 % des tués (2 523 hommes pour 740 femmes) et 75 % des blessés graves sont des hommes ; 83 % des présumés responsables d’accidents mortels sont également des hommes.

Dataviz interactive
13.2 – TUÉS PAR MILLION D’HABITANTS SELON LA CLASSE D’ÂGE (2025)

Incohérence du PDF, conservée : la figure est titrée « tués par million d'habitants », mais ses barres (échelle 0-600) correspondent aux effectifs de la colonne « Tués 2025 » du tableau 13.5. Ce sont ces effectifs publiés qui sont tracés ; les taux par million figurent dans le tableau 13.5.

13.6

Engins de déplacement personnel motorisés (EDPm) – focus

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Les engins de déplacement personnel motorisés (EDPm) regroupent les trottinettes électriques, hoverboards, gyroroues, gyropodes et skateboards électriques. Apparus massivement entre 2018 et 2020 (boom du libre-service), ils ont rapidement généré un nouvel enjeu de sécurité routière. Cette section fait le point sur la mortalité, le cadre réglementaire et les évolutions politiques récentes.

Tableau 13.6

MORTALITÉ EDPM EN FRANCE

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Libellé202020212022202320242025
TUÉS EDPM222435444579
ÉVOLUTION ANNUELLE—+9 %+46 %+26 %+2 %+75,6 %
PART DANS MORTALITÉ TOTALE0,9 %0,8 %1,1 %1,4 %1,4 %2,4 %
TROTTINETTES ÉLECTRIQUES VENDUES (K)640908759678RepliRepli

Cadre réglementaire EDPm (synthèse)

  • Décret du 23 octobre 2019 – Premier cadre légal des EDPm en France : vitesse maximale 25 km/h, circulation interdite sur trottoirs, casque non obligatoire (sauf en zone non urbaine).
  • Septembre 2023 – Interdiction des trottinettes en libre-service à Paris à l’issue d’un référendum local.
  • 2024-2025 – Plusieurs métropoles (Lyon, Marseille) ont également renforcé les règles d’usage ou interdit le libre-service ; mais le marché des trottinettes en propriété personnelle reste actif.

Lecture politique. La trottinette électrique a été le symbole du débat sur les nouvelles mobilités urbaines : adoption rapide, accidents médiatisés, conflits d’usage avec les piétons, encombrement de l’espace public. L’interdiction du libre-service à Paris en septembre 2023 – décidée par référendum local avec 89 % de votes contre – a marqué un tournant : retrait de Lime, Tier et Dott. La trottinette en propriété personnelle reste autorisée et continue de progresser dans la pratique quotidienne, mais à un rythme nettement plus modéré. Le bilan 2025 rappelle toutefois que l’enjeu de sécurité demeure entier : avec 79 tués (+75,6 % en un an), l’EDPm est le mode dont la mortalité progresse le plus vite, sa diffusion en usage privé échappant largement aux restrictions visant le libre-service.

Les données ONISR par sous-catégorie d’EDPm (trottinettes électriques, gyroroues, hoverboards) sont disponibles auprès de l’ONISR.

13.7

Présence des poids lourds dans les accidents corporels

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Tableau 13.7% IMPLIQUÉS

PRÉSENCE DES PL DANS LES ACCIDENTS CORPORELS (% IMPLIQUÉS)

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Libellé2021202220232024
TUÉS (% ACCIDENTS IMPLIQUANT PL)13,3 %12,5 %12,2 %12 %
BLESSÉS HOSPITALISÉS (%)5,1 %5,0 %5,0 %5 %
BLESSÉS LÉGERS (%)4,4 %4,3 %4,3 %4,3 %
VÉHICULES PRÉSENTS (% PL)3,3 %3,3 %2,8 %2,8 %

Selon le SDES Bilan transports 2024, près de 700 décès sont intervenus lors d’accidents ayant impliqué un véhicule industriel (poids lourd ou utilitaire). Bien que les poids lourds ne représentent qu’environ 1 % du parc en circulation, leur présence dans les accidents mortels est de l’ordre de 12 % en 2023, en raison de leur masse et de la gravité des chocs.

13.8

Coût économique de l’insécurité routière

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Au-delà du drame humain, les accidents de la route représentent un coût économique massif pour la collectivité. L’ONISR et plusieurs études économiques convergent sur un ordre de grandeur d’environ 50 milliards d’euros par an pour la France, soit ~1,7 % du PIB. Cette estimation est ici structurée en composantes.

Tableau 13.8MD€/AN, ORDRES DE GRANDEUR

COMPOSANTES DU COÛT DE L’INSÉCURITÉ ROUTIÈRE EN FRANCE (MD€/AN, ORDRES DE GRANDEUR)

LibelléCOÛT ANNUEL (MD€)NOTE
COÛTS HUMAINS (VIES, BLESSURES GRAVES)35-40Part dominante ; VSV ~3,2 M€/vie (méthode Quinet)
COÛTS MATÉRIELS (VÉHICULES, INFRASTRUCTURES)5-7Assureurs ; cf. chap 9
COÛTS MÉDICAUX (SOINS, HOSPITALISATIONS)3-5Sécurité sociale, mutuelles
COÛTS DE PRODUCTION / PERTES ÉCONOMIQUES2-3INSEE, ONISR
COÛTS ADMINISTRATIFS ET JUDICIAIRES1-2État, collectivités

Trois lectures du coût économique

1. Comparaison aux investissements de sécurité. Le coût annuel des accidents routiers (~50 Md€) est très supérieur aux investissements publics annuels en sécurité routière (radars, signalisation, traitement des points noirs, campagnes de communication, gendarmerie/police). Cette asymétrie justifie économiquement les politiques de prévention et la priorité donnée à la baisse de la mortalité.

2. Articulation avec les externalités globales. Les ~50 Md€ d’externalités sécurité s’ajoutent aux autres externalités du transport documentées en chap 1.13 (pollution, climat, bruit, congestion). L’agrégation de l’ensemble des externalités du transport en France représenterait selon les estimations ITF/OCDE entre 6 et 8 % du PIB.

3. Évolution dans le temps. La baisse de la mortalité routière depuis 1972 (-80 %) a généré des économies cumulées massives, mais le ralentissement observé depuis 2014 et l’évolution démographique (vieillissement) modifient la dynamique. La fréquence et la gravité des accidents impliquant des seniors (75 ans et +) sont en hausse, ce qui pèse sur le coût agrégé.

La décomposition par composante du coût de l’insécurité routière (~50 Md€/an) s’appuie sur les publications de l’ONISR (rapport annuel détaillé) et sur les études économiques de référence (CGEDD, France Stratégie).

13.9

ADAS et taux de pénétration dans le parc

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Les ADAS (Advanced Driver Assistance Systems) – freinage d’urgence automatique (AEB), maintien dans la voie (LKA/ELKS), régulateur adaptatif (ACC), détection d’angle mort, signalisation des limitations de vitesse, Assistance intelligente à la vitesse (ISA)…— sont devenus obligatoires sur tous les véhicules neufs vendus dans l’UE depuis juillet 2022, en application du règlement européen GSR (General Safety Regulation). D’autres sont encore facultatifs comme l’ACC, changement automatique de voie, vision nocturne ou encore le stationnement entièrement automatique, notamment.

Cette section fait le point sur la pénétration des ADAS dans le parc roulant et leurs effets attendus sur l’accidentalité.

Tableau 13.9

ADAS : DÉPLOIEMENT ET EFFETS ATTENDUS

LibelléINDICATEURVALEUR / NOTE
Date d’obligation des ADAS sur VN UEJuillet 2022 (règlement GSR)
ADAS obligatoires (synthèse)AEB, LKA, ACC, Black Box, attention conducteur, vitesse
Part VN 2024 équipée AEB100 % (réglementaire)
Part parc roulant 2025 équipée AEB~30-40 % (estimation, montée progressive)
Réduction sinistres carrosserie attendue 2030-11 % (cf. Mobilians/TCG)

Pourquoi les ADAS n’ont-ils pas encore produit l’effet attendu ?

Selon Mobilians/TCG (Étude prospective 2030), la généralisation des aides à la conduite devrait conduire à une réduction du nombre de sinistres carrosserie de 11 % en 2030 par rapport à 2022. Mais l’effet sur la mortalité routière n’est pas encore mesurable à fin 2025, pour plusieurs raisons :

– Lent renouvellement du parc. Avec un âge moyen de 11,5 ans (cf. chap 7), seuls les véhicules immatriculés après juillet 2022 sont équipés d’ADAS complets. La pénétration dans le parc roulant français reste estimée à environ 30-40 % à mi-2025 selon les ordres de grandeur sectoriels.

– Sur-confiance des conducteurs. Plusieurs études comportementales (Euro NCAP, Université Gustave Eiffel) ont montré que les conducteurs équipés d’ADAS adoptent parfois des comportements plus risqués, partiellement effacés par les capteurs (« risque de compensation »).

– Distraction. La distraction au volant – utilisation du smartphone, infodivertissement, écrans tactiles – neutralise une partie des bénéfices potentiels des ADAS.

– Limites des dispositifs. L’AEB ne fonctionne pas systématiquement à très faible vitesse, par mauvaises conditions météorologiques ou avec des piétons en mouvement non standard.

Effets sur l’After-market

Les ADAS ont en revanche un effet immédiat sur le coût des sinistres : 45 % des sinistres concernent la face avant, dont 17,7 % touchent les optiques (avec capteurs ADAS intégrés). Chaque remplacement de pare-brise nécessite un recalibrage des caméras ADAS, devenu un service à part entière (cf. Belron/ Carglass, chap 9.10). Le coût moyen de réparation a augmenté depuis 2020 [→ chap 9.4], conséquence directe de la complexification technique. Cette dynamique impose aux carrossiers indépendants un investissement matériel (~50 000 à 100 000 €) pour rester capable d’effectuer le recalibrage, ce qui accélère la concentration du marché de la réparation.

13.10

Comparaisons européennes

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Les statistiques européennes d’accidentalité routière sont compilées par la Commission européenne dans la base CARE (Community Road Accident Database), sur la base des données nationales fournies par les États membres.

Tableau 13.10RAPPEL 2022 ET 2024

TUÉS SUR LES ROUTES PAR PAYS (RAPPEL 2022 ET 2024)

LibelléTUÉS 2022TUÉS 2024TUÉS / M HAB. 2024
FRANCE3 2673 19348
ITALIE3 1593 03051
ALLEMAGNE2 7762 77033
ESPAGNE1 7461 75037
ROYAUME-UNI1 7661 70025

Total UE27 2024 : 19 940 tués selon les chiffres définitifs CARE (publiés le 17 octobre 2025), en baisse de 3 % par rapport à 2023 (~20 400). L’Union européenne s’est fixé pour objectif de réduire de 50 % la mortalité routière entre 2019 et 2030 (Vision

Zero d’ici 2050). À mi-parcours (2024), l’UE27 a réduit la mortalité d’environ 13 % vs 2019, soit en deçà de la trajectoire cible. La France, à -2,9 % vs 2019 (France entière), est très en deçà de la trajectoire cible nationale (-50 %).

Tableau 13.32024

MORTALITÉ ROUTIÈRE EN EUROPE : TUÉS PAR MILLION D’HABITANTS (2024)

LibelléFRANCEITALIEALLEMAGNEESPAGNEROYAUME-UNIPAYS-BASSUÈDENORVÈGEDANEMARKBULGARIEROUMANIE
TUÉS / M HABITANTS (2024)4851333725382016247478
13.11

Permis de conduire et infractions

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Tableau 13.11MILLIERS

PERMIS DE CONDUIRE DÉLIVRÉS EN FRANCE (MILLIERS)

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Libellé2016201720182019202020212022202320242025
PERMIS B (VOITURES)830861836829651905897869913n.d.
PERMIS A1 + A2 (MOTOS)67115110123107116110110123n.d.
PERMIS C + EC (POIDS LOURDS)N.D.N.D.N.D.~55~45545650~52n.d.

Le permis B (voitures) reste très majoritaire, avec 913 000 permis délivrés en 2024, en rebond après le repli de 2023 (869 000) et le creux de 2020 (651 000, lié aux confinements). Au-delà des à-coups conjoncturels, la motorisation des jeunes adultes en milieu urbain tend à reculer (cf. chap 7.6), au profit d’alternatives comme les modes actifs, les transports collectifs et la location ponctuelle.

13.12

Sources principales et statut des données

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Sources principales

– ONISR (Observatoire national interministériel de la sécurité routière) – Bilan provisoire 2025 (30 janvier 2026) et Bilan définitif 2025 (29 mai 2026) ; Bilan définitif 2024 (28 mai 2025) ; Baromètre mensuel et trimestriel.

– SDES – Bilan annuel des transports en 2024 (Datalab 143, novembre 2025).

– Délégation à la sécurité routière (DSR).

– Eurostat-CARE – Community Road Accident Database.

– Université Gustave Eiffel (Registre du Rhône) – méthode d’estimation des blessés graves selon les normes européennes.

– Mobilians/TCG – Étude prospective sur l’après-vente automobile à horizon 2030 (effets des ADAS).

– Euro NCAP – études d’impact des ADAS.

– Commission européenne – règlement GSR 2019/2144 (ADAS).

– FP2M – Fédération des Professionnels de la Micro-Mobilité (EDPm).

Convention de datation – flux annuels et indicateurs cumulés

Le chapitre présente principalement des flux annuels (cumul observé du 01/01 au 31/12 d’une année), en cohérence avec la convention adoptée pour l’ensemble du rapport (cf. chap 7 §7.12, chap 11 §11.11, chap 12 §12.11, chap 5 §5.11) :

• Flux annuels : nombre de tués, accidents corporels, blessés (tableaux 13.1, 13.3 à 13.7, 13.10, 13.11). Les libellés de colonnes utilisent l’année civile simple (ex. « 2024 »).

• Dates instantanées : le chapitre mentionne plusieurs jalons réglementaires datés (limitations hors agglomération en 1973, ceinture obligatoire à l’arrière en 1990, permis à points en 1992, radars automatiques en 2003, limitation à 80 km/h en 2018, règlement GSR en juillet 2022, interdiction des trottinettes en libre-service à Paris en septembre 2023). Ces dates ne sont pas des indicateurs statistiques mais des repères politiques.

• Stock à un instant t : le tableau 13.9 (part du parc roulant équipé d’ADAS) est par nature un stock évolutif, mesuré à une date donnée (mi-2025).

Statut des données

Les indicateurs principaux 2025 (tués au total, par milieu, par catégorie d’usagers, sur autoroute, par âge) sont issus du Bilan définitif ONISR publié le 29 mai 2026 ; ceux de 2024 proviennent du Bilan définitif du 28 mai 2025. Le nombre d’accidents corporels et le taux de gravité 2025, ainsi que les ventilations fines, seront précisés dans le bilan complet de l’ONISR attendu en septembre 2026. Les comparaisons européennes reposent sur le millésime 2024 de la base CARE, dernier disponible à la date de rédaction.

Lien avec les autres chapitres

[→ chap 7] Parc : composition du parc qui détermine la pénétration des ADAS.

[→ chap 5] Flux : la circulation comme déterminant des accidents.

[→ chap 9] After-market : impact des ADAS sur les coûts des sinistres et la réparation.

[→ chap 1] Économie des mobilités : le coût économique comme externalité majeure.