Technicien en atelier notant un contrôle au-dessus d'un moteur ouvert
After-market

Le coût moyen de réparation d’un sinistre a augmenté de +25,7 % depuis 2020 (SRA).

Entretien-réparation, pièces de rechange, réseaux et valeur du marché de l'après-vente.

9.1

Périmètre de l’after-market automobile

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L’after-market automobile (ou « marché de l’après-vente ») désigne l’ensemble des activités économiques liées au cycle de vie d’un véhicule après sa première mise en service : maintenance, réparation, fourniture de pièces, services associés (contrôle technique, dépannage, location courte durée, entretien spécialisé, recyclage VHU). Il se distingue du marché du véhicule neuf (chap 10) et du marché du véhicule d’occasion (chap 10.2), qui portent sur la vente du véhicule lui-même.

Tableau 9.1

PÉRIMÈTRE DE L’AFTER-MARKET VL EN FRANCE

BLOC D’ACTIVITÉSOUS-SEGMENTSACTEURS STRUCTURANTS
MAINTENANCE / RÉPARATION MÉCANIQUEVidange, distribution, freinage, embrayage…Concessionnaires, MRA, indépendants
RÉPARATION-COLLISION / CARROSSERIEChoc, peinture, débosselageRéseaux carrossiers, indépendants, Belron/Carglass
PIÈCES DE RECHANGE (DISTRIBUTION)OEM, OE, IAM (indépendant)Bosch, Continental, distributeurs
PNEUMATIQUESVente, montage, équilibrageChaines spécialisées, indépendants
VITRAGE / BRIS DE GLACEPare-brise, vitres latérales, recalibrage ADASBelron/Carglass, Mondial Pare-Brise, Glass Auto Service
9.2

Marché total après-vente VL France

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Le marché total de l’après-vente automobile pour les véhicules légers (VL : VP + VUL) en France est estimé à 38,5 Md€ en 2022 selon l’étude prospective Mobilians/TCG, avec une projection à 39,8 Md€ en 2030 (scénario d’électrification à 75 % du parc neuf). Cette croissance modérée (+3,3 % en huit ans) masque trois dynamiques contrastées qui redessinent profondément la structure du marché.

Tableau 9.2MOBILIANS/TCG

MARCHÉ DE L’APRÈS-VENTE VL FRANCE : STRUCTURE (MOBILIANS/TCG)

Libellé2022 (MD€)PROJECTION 2030 (MD€)ÉVOLUTIONNOTE
MAINTENANCE / RÉPARATION MÉCANIQUE18,9818,85-0,7 %Recul lent (BEV moins d’opérations)
RÉPARATION-COLLISION / CARROSSERIE9,5910,18+6,2 %Hausse coûts ADAS
ACTIVITÉS ANNEXES ET CROISSANCE9,9310,81+8,8 %Connectivité, e-commerce, services
TOTAL APRÈS-VENTE VL FRANCE38,5039,8+3,3 %Source Mobilians/TCG
Dataviz interactive
9.1 – MARCHÉ DE L’APRÈS-VENTE VL FRANCE : PROJECTION 2022-2030
2022 :38,50 MD€
  • Maintenance / réparation mécanique :18,98 MD€ (49 %)
  • Réparation-collision / carrosserie :9,59 MD€ (25 %)
  • Activités annexes et croissance :9,93 MD€ (26 %)
2030 :39,80 MD€
  • Maintenance / réparation mécanique :18,85 MD€ (47 %)
  • Réparation-collision / carrosserie :10,18 MD€ (26 %)
  • Activités annexes et croissance :10,81 MD€ (27 %)
  • Maintenance/ réparation : stable
  • Réparation-collision : en hausse
  • Activités annexes : en forte croissance
9.3

Maintenance et réparation mécanique

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La maintenance et la réparation mécanique restent le cœur historique de l’after-market : vidanges, kits de distribution, embrayage, freinage, suspension, échappement, refroidissement, batterie. Ce segment représente 18,98 Md€ en 2022, soit ~49 % du marché total VL. Il est en lent recul tendanciel (-0,7 % d’ici 2030 selon Mobilians/TCG), du fait de plusieurs facteurs convergents.

Trois facteurs structurels de recul

– Effet BEV. Un véhicule électrique nécessite environ 30 % moins d’opérations de maintenance qu’un thermique équivalent (pas de vidange moteur, pas de courroie de distribution, pas d’embrayage, freinage régénératif qui réduit l’usure des plaquettes). À mesure que la part BEV progresse dans le parc roulant (~3 % actuellement, projeté à >25 % en 2035), la demande mécanique recule mécaniquement.

– Allongement des intervalles de maintenance. Les constructeurs ont progressivement allongé les intervalles entre opérations préventives (vidange tous les 30 000 km au lieu de 10 000 km dans les années 2000). Cette évolution réduit le nombre d’opérations annuelles par véhicule.

– Vieillissement du parc. Effet positif partiellement compensateur : un parc qui vieillit (11,5 ans en moyenne, cf. chap 7) consomme plus d’opérations de maintenance par véhicule. Ce mécanisme freine le recul mais ne l’inverse pas.

Lecture concurrentielle

Le marché est partagé entre trois canaux : les concessionnaires constructeurs (réseau de marque), les MRA (Mécaniciens Réparateurs Agréés) souvent fédérés en réseaux indépendants, et les ateliers indépendants mono-marque. La part de marché des concessionnaires recule lentement au profit des indépendants, sous l’effet de la libéralisation européenne (règlement BER 461/2010, prolongé en 2023) qui garantit le droit pour les indépendants d’accéder aux pièces, à la documentation technique et aux logiciels diagnostic.

9.4

Réparation-collision et carrosserie

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Le segment de la réparation-collision et de la carrosserie représente 9,59 Md€ en 2022, projeté à 10,18 Md€ en 2030 (+6,2 %). C’est le seul grand bloc de l’after-market en croissance sensible, sous l’effet d’un facteur unique mais puissant : la complexification technique liée aux ADAS.

Pourquoi la réparation-collision augmente alors que la sécurité s’améliore ?

Apparent paradoxe : les ADAS – généralisés depuis le règlement GSR de juillet 2022 (cf. chap 13.9) – devraient réduire le nombre d’accidents et donc le marché de la réparation-collision. Pourtant le segment progresse. Trois mécanismes l’expliquent :

– Coût unitaire en hausse. Le coût moyen de réparation d’un sinistre auto a augmenté de +25,7 % depuis 2020 selon SRA (Sécurité et Réparation Automobiles). Cet effet l’emporte sur l’éventuelle baisse du nombre de sinistres.

– Recalibrage des capteurs. Chaque remplacement de parebrise (capteurs caméra ADAS intégrés), de pare-chocs (radars), ou d’éclairage (capteurs lidar dans les versions premium) nécessite un recalibrage de précision avec équipement dédié, devenu un service à part entière facturé séparément.

– Pièces premium. Les pièces ADAS-compatibles (pare-brise avec caméra intégrée, pare-chocs avec radars, optiques avec capteurs) sont systématiquement plus chères que leurs équivalents pré-ADAS. La généralisation à tous les véhicules neufs UE depuis juillet 2022 (GSR) tire mécaniquement la valeur des pièces.

Tableau 9.3SRA 2024

SINISTRES CARROSSERIE : GÉOGRAPHIE DES CHOCS (SRA 2024)

ZONE D’IMPACTPART DES SINISTRES 2024NOTE
FACE AVANT45 %Choc principal ; coûte ~1,5× un choc arrière (capteurs ADAS, optiques)
OPTIQUES (FACE AVANT)17,7 % (sur les 45 % AV)Coût optiques élevé
ARRIÈRE33-34 %Arrêts, parking ; boucliers systématiquement touchés
CÔTÉS (LATÉRAUX)20 %Stationnement, croisements
9.5

Pièces de rechange et distribution

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Volumes et prix du marché pneumatique : [→ chap 8.8] ; ici, distribution et after-market grand public.

La distribution de pièces de rechange en France s’organise autour de trois grands canaux : (1) les pièces OEM (équipement constructeur d’origine), distribuées principalement par les réseaux constructeurs ; (2) les pièces OE (Original Equipment), fabriquées par les mêmes équipementiers que les pièces OEM mais distribuées en marque équipementier (Bosch, Valeo, Continental, Delphi, etc.) ; (3) les pièces IAM (Independent Aftermarket), produites par des fabricants tiers à un coût souvent inférieur.

Tableau 9.4

ACTEURS STRUCTURANTS DE LA DISTRIBUTION DE PIÈCES EN FRANCE

ACTEURTYPEPOSITION
BOSCH (ÉQUIPEMENTIER + DISTRIBUTION)OE / IAMLeader mondial
CONTINENTAL, VALEO, ZF, DELPHI, NGKOEMarques équipementiers
GIPA, FNA, AD INTERNATIONAL (GROUPEMENTS)Distribution multi-marquesRéseaux nationaux
DISTRIBUTEURS INDÉPENDANTS RÉGIONAUXMulti-marquesMaillage local
AUTODISTRIBUTION (DOYEN AUTO, SOGETRA…) – GROUPE PHEB2B mécaniciensSpécialisé pros
9.6

Pure players e-commerce et plateformes

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Le e-commerce de pièces auto a connu un essor rapide entre 2010 et 2020, avec l’arrivée de pure players spécialisés qui ont disrupté la chaîne de distribution traditionnelle en proposant des prix inférieurs et un large catalogue. Le marché s’est consolidé depuis 2020, sous l’effet de la digitalisation des distributeurs traditionnels et des tensions de marges. Cette section recense les principaux acteurs.

Tableau 9.5

PRINCIPAUX PURE PLAYERS E-COMMERCE AUTO EN FRANCE

ACTEURMODÈLEREPÈRE D’ACTIVITÉNOTE
AUTODOC (ALLEMAND)Pure player B2C international1,3 Md€ monde (2023) ; 17 M commandes en 2024 (+18 %)Leader européen, 27 pays, 2,8 M de références
OSCAROPure player B2C historique240 M€ DE CAPionnier français, cédé à PHE en 2018
MISTER AUTOPure player B2C5,4 M de clientsCédé par Stellantis à PHE (2023)
YAKAROULERPure player B2Ccatalogue > 1 M de référencesMarché français, 2-roues inclus
NORAUTO.FRClick & Collect (Mobivia)adossé à ~410 centresArticulation magasins

Lecture

Le e-commerce de pièces auto a deux effets structurants sur la chaîne de valeur : (1) il transparente les prix et exerce une pression à la baisse sur les marges des distributeurs traditionnels et des concessionnaires ; (2) il dissocie partiellement la pièce de l’opération de pose, ce qui complexifie la relation client (autoréparation par les particuliers, ou pose par un mécanicien indépendant à partir de pièces achetées en ligne par le client). Cette dynamique remet en cause certains modèles d’affaires intégrés (concessionnaire pièces+pose) et favorise l’émergence d’ateliers indépendants compétitifs.

Main tenant une bougie d'allumage neuve au-dessus d'un chiffon d'atelier
9.7

Réseaux de garages et indépendants

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Au-delà des concessionnaires constructeurs, le marché de la maintenance et de la réparation est animé par des réseaux de garages indépendants ou multi-marques, organisés en franchises ou en groupements. Ces réseaux apportent aux ateliers indépendants une marque, un référentiel qualité, une politique d’achats centralisée et un soutien marketing. Cette section recense les principaux.

Tableau 9.6SYNTHÈSE

PRINCIPAUX RÉSEAUX DE GARAGES EN FRANCE (SYNTHÈSE)

RÉSEAUMAILLAGE FRANCE (ORDRE DE GRANDEUR)MODÈLENOTE
AD (AUTODISTRIBUTION) / AD EXPERT1 050-1 200 garagesGroupement IAM (pièces + ateliers)Leader des réseaux indépendants
EUROREPAR CAR SERVICE (STELLANTIS)1 300-1 400 (6 300 dans le monde)Réparateur multimarque constructeur+10 %/an, créé en 2003
MOTRIO (RENAULT)1 000Réseau multimarque constructeurConcurrence directe IAM
BOSCH CAR SERVICE600Franchise sous marque Bosch1er réseau de services indépendant mondial
TOP GARAGE400Franchise indépendante multimarqueRéseau historique (créé 1997)

Lecture concurrentielle

Trois forces structurent le paysage des réseaux : (1) la consolidation des indépendants en réseaux franchisés sous l’effet de la complexification technique (ADAS, électronique embarquée, recalibrage) qui exige des investissements matériels lourds (~50 000 à 100 000 € par site selon les estimations sectorielles) ; (2) la riposte des constructeurs avec des marques multi-marques (Eurorepar de Stellantis, Renault MINUTE ou Motrio ) qui visent à reprendre des parts à l’IAM ; (3) l’arrivée de nouveaux modèles digitaux qui désintermédient le client (e-commerce des pièces + recherche d’atelier en ligne, comparateurs, marketplaces de réparation).

9.8

Sinistres assurance et coûts moyens de réparation

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Le marché de l’after-market est très étroitement lié à celui de l’assurance auto, qui finance une part majoritaire des opérations de réparation-collision. France Assureurs publie chaque année les statistiques agrégées du marché assurance auto.

Carrossier meulant une aile de véhicule accidenté, gerbe d'étincelles
Tableau 9.7

INDICATEURS DU MARCHÉ DE L’ASSURANCE AUTO FRANCE

LibelléVALEUR 2024ÉVOLUTION RÉCENTESOURCE
COTISATIONS ASSURANCE AUTO28,1 Md€+7,3 % vs 2023France Assureurs
DONT AUTO DES PARTICULIERS25,0 Md€+7,1 % (1ère catégorie)France Assureurs
PRIME MOYENNE VP (1ère CAT., HT)480 €+5,6 % vs 2023France Assureurs
RATIO COMBINÉ NET100,3 %+1,7 pt vs 2023 (dégradation)France Assureurs
COÛT MOYEN DES RÉPARATIONS (INDICE)base SRA+25,7 % depuis 2020 ; +29,9 % 2021-2025 ; +5,9 % en 2024SRA
Dataviz interactive
9.2 – ASSURANCE AUTO ET COÛT DES RÉPARATIONS EN FRANCE (2024)
Assurance auto :28,1 MD€+7,3 % vs 2023
Coût des réparations :+5,9 %

Les cotisations d’assurance auto progressent de +7,3 % en 2024 à 28,1 Md€, sous l’effet d’une triple dynamique : (a) hausse des coûts moyens de réparation [→ chap 9.4], (b) inflation générale 2022-2024 répercutée dans les contrats, (c) revalorisation des indemnisations corporelles. Cette dynamique se répercute mécaniquement sur le pouvoir d’achat des ménages et constitue, avec les carburants et l’entretien, l’un des facteurs de tension sur le coût d’usage de l’automobile (cf. chap 1.3 TCO).

9.9

Carrosserie indépendante et bris de glace

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La réparation-collision et le bris de glace constituent deux sous-segments hautement spécialisés de l’after-market, dominés par quelques acteurs structurés et un tissu d’indépendants. Cette section recense les principaux.

Tableau 9.8

ACTEURS PRINCIPAUX BRIS DE GLACE FRANCE

LibelléPART DE MARCHÉ (ESTIM.)NOTE
CARGLASS (BELRON INTERNATIONAL)70 %Leader, partenaire assureurs ; Belron 6,5 Md€ de CA monde (2024)
MONDIAL PARE-BRISE15 %Concurrence directe Carglass
FRANCE PARE-BRISE ET AUTRES RÉSEAUX15 % (cumulé)Glass Auto Service, indépendants
INDÉPENDANTS LOCAUXinclus ci-dessusMaillage diffus

Bris de glace : un marché très concentré

Le segment du bris de glace (remplacement de pare-brise, vitres latérales, lunettes arrière) est dominé en France par Belron International via sa marque Carglass. Cette concentration s’explique par la complexité technique (recalibrage des caméras ADAS intégrées au pare-brise, qualité de la pose pour la sécurité) et par la relation directe avec les compagnies d’assurance qui prescrivent les ateliers. Plusieurs acteurs alternatifs sont présents.

Carrosserie : Axial, Five Star, indépendants

Le segment de la carrosserie-réparation collision est plus diffus mais s’organise progressivement en réseaux nationaux ou régionaux : Axial, Five Star (Five Star International), réseaux constructeurs intégrés (Stellantis Carrosserie, Renault Carrosserie), et un grand nombre de carrossiers indépendants. La complexification technique liée aux ADAS (cf. chap 13.9) accélère la concentration : un investissement matériel de l’ordre de 50 000 à 100 000 € est nécessaire pour rester capable d’effectuer le recalibrage des caméras, ce qui exclut progressivement les plus petits acteurs.

Tableau 9.9

ACTEURS PRINCIPAUX CARROSSERIE FRANCE

LibelléMAILLAGE (ESTIM.)NOTE
AXIAL750 centresRéseau de carrossiers, maillage national
FIVE STAR (FIVE STAR INTERNATIONAL)150 centres FranceRéseau international
RÉSEAUX CONSTRUCTEURSadossés aux concessionsStellantis, Renault, etc.
CARROSSIERS INDÉPENDANTS12 000Tissu historique en concentration
9.10

Effet ADAS et complexification technique

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La généralisation des ADAS sur tous les véhicules neufs UE depuis juillet 2022 (règlement GSR, cf. chap 13.9) constitue le principal facteur de transformation de l’after-market sur la décennie 2025-2035. Cette section synthétise les effets observables et anticipés.

Quatre effets structurants

– Hausse du coût des sinistres [→ chap 9.4], tirée par les pièces premium ADAS-compatibles (pare-brise avec caméra, pare-chocs avec radars, optiques avec capteurs) et par le recalibrage.

– Émergence d’un service spécifique de recalibrage : chaque remplacement de pare-brise nécessite un recalibrage de précision, devenu un acte facturé à part entière (~100 à 300 € selon le véhicule). Belron/Carglass et les principaux carrossiers se sont équipés.

– Concentration des acteurs IAM : l’investissement matériel nécessaire (équipement de recalibrage, formation des techniciens, accès aux logiciels constructeurs via FRA – Forum de Recalibrage Auto, ou solutions équivalentes) exclut les plus petits ateliers et accélère la consolidation.

– Tension sur l’accès aux données et logiciels : les ateliers indépendants doivent accéder aux logiciels diagnostic et de recalibrage des constructeurs ; le règlement BER 461/2010 prolongé en 2023 et le règlement européen sur l’accès aux données du véhicule en discussion (cf. règlementations européennes données et IA.4) sont les cadres juridiques.

9.11

Recyclage VHU et économie circulaire

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La filière des Véhicules Hors d’Usage (VHU) traite annuellement environ 1,5 million de véhicules en fin de vie en France selon le rapport annuel ADEME « Filière VHU » (estimation, la dernière publication ADEME paraissant habituellement au troisième trimestre de l’année suivante), pour une valorisation matière de l’ordre de 95 % en moyenne (taux directive). La filière est structurée par le décret du 1er août 2003 (transposant la directive européenne 2000/53/CE), qui impose l’agrément des centres VHU. Cette section fait le point sur l’économie circulaire et la pièce de réemploi (PRE).

Tableau 9.10

FILIÈRE VHU EN FRANCE

LibelléVALEURSOURCE
VHU TRAITÉS ANNUELLEMENT1,2-1,3 millionADEME, ministère Transition écologique
CENTRES VHU AGRÉÉS1 700 (+ 60 broyeurs)ADEME / ministère
ÂGE MOYEN DES VHU19 ANSADEME
TAUX DE RÉUTILISATION ET DE RECYCLAGE (TRR)88 % (OBJECTIF UE 85 %)ADEME (DONNÉES 2022)
TAUX DE RÉUTILISATION ET DE VALORISATION95,6 % (OBJECTIF UE 95 %)ADEME

Pièces de réemploi (PRE) : un marché en émergence

Depuis le 1er janvier 2017, en application de la loi Hamon de 2014, les réparateurs indépendants doivent proposer obligatoirement à leurs clients particuliers des pièces de réemploi (issues du démontage de VHU) pour certaines familles de pièces (carrosserie hors zones de sécurité, optique de phares, garnitures, pièces mécaniques sous conditions). Cette obligation de devis a contribué à structurer un marché de pièces issues du recyclage, animé par plateformes spécialisées (Opisto, B-Parts, Eco Pro Pieces) et par les centres VHU eux-mêmes.

Les chiffres (volume de VHU traités, marché de la pièce de réemploi, taux d’utilisation effectif des pièces de réemploi) sont disponibles via l’ADEME et Mobilians.

Enjeux 2025-2035. Trois enjeux structurent la filière VHU : (1) montée en puissance des batteries lithium-ion en fin de vie avec l’électrification du parc – la directive UE 2023/1542 sur les batteries impose des seuils de réemploi et de recyclage progressifs jusqu’à 2031 ; (2) intégration de la pièce de réemploi dans la pratique courante des ateliers, encouragée par les compagnies d’assurance pour limiter les coûts ; (3) émergence d’acteurs spécialisés sur le démontage haute valeur (récupération de composants ADAS, batteries, équipements) qui modifie la chaîne de valeur historique.

9.12

Formation professionnelle et emploi

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La branche services de l’automobile (NAF 45.20A « Entretien et réparation de véhicules automobiles légers » et codes apparentés 45.20B, 45.31Z, 45.32Z, 45.40Z) emploie en France de l’ordre de 140 000 personnes dans la maintenance et la réparation selon les publications ANFA (Tableau de bord annuel, données 2023), plus plusieurs dizaines de milliers dans les activités annexes (contrôle technique, recyclage, distribution de pièces). Cette section développe le volet emploi-formation en complément du chap 4.

Tableau 9.11

EMPLOI ET FORMATION DANS LA BRANCHE SERVICES AUTOMOBILE

LibelléVALEURSOURCE
EMPLOIS DIRECTS BRANCHE SERVICES AUTOMOBILE140 000 (branche : >560 000 actifs au total)ANFA, Mobilians
JEUNES EN FORMATION INITIALE (BRANCHE)73 200 (dont 41 850 alternants)ANFA (chiffres clés 2025)
POSTES VACANTS ESTIMÉS40 000-60 000Mobilians (ordre de grandeur)
CENTRES DE FORMATION CONTINUE GNFA30 SITESGNFA
FORMATION CONTINUE (% MASSE SALARIALE, LÉGAL)> 1,5 %Code du travail / OPCO

Trois tensions structurelles sur les compétences

1. Pénurie de techniciens. L’after-market signale plusieurs dizaines de milliers de postes non pourvus selon les estimations Mobilians 2024-2025. La pénurie est particulièrement aiguë en carrosserie-réparation, en mécanique électronique et en bris de glace. Les causes : démographique (départs en retraite massifs), désaffection des jeunes pour les filières manuelles, complexification technique qui exige plus de qualifications mais avec un attrait salarial limité.

2. Reconversion vers l’électromobilité. Les techniciens formés au thermique doivent être reconvertis aux spécificités du VE : haute tension (>50 V continu), électronique de puissance, batteries lithium-ion (sécurité), recharge. Plusieurs programmes ANFA et constructeurs sont en cours, mais le rythme de reconversion peine à suivre celui de l’électrification du parc.

3. Compétences logicielles et diagnostic. La voiture devenant un système numérique-électronique-logiciel (cf. règlementations européennes données et IA), les besoins en compétences logicielles, diagnostic embarqué et cybersécurité explosent. Les techniciens doivent être formés à l’utilisation des logiciels constructeurs (souvent payants), aux mises à jour OTA, et au recalibrage ADAS.

Cette section complète le volet emploi-formation de l’after-market, en lien avec le chapitre 4 (Industrie et emploi). Les chiffres (apprentis de la branche, postes vacants, taux de reconversion) proviennent des publications de l’ANFA (Tableau de bord, Observatoire prospectif).

9.13

Projection 2030 et scénarios

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L’étude prospective Mobilians/TCG 2024 propose une projection structurée à horizon 2030 selon plusieurs scénarios d’électrification du parc. Le scénario central retient une part BEV de 75 % dans les VN à horizon 2030 (cohérent avec la trajectoire SNBC actuelle, légèrement en deçà de l’objectif Fit-for-55 de 100 % VN ZEV en 2035).

Tableau 9.12MOBILIANS/TCG

PROJECTION APRÈS-VENTE VL FRANCE 2030 (MOBILIANS/TCG)

Libellé2022 (MD€)PROJECTION 2030 (MD€)ÉVOLUTION
MAINTENANCE / RÉPARATION MÉCANIQUE18,9818,85-0,7 %
RÉPARATION-COLLISION / CARROSSERIE9,5910,18+6,2 %
ACTIVITÉS ANNEXES ET CROISSANCE9,9310,81+8,8 %
TOTAL APRÈS-VENTE VL (SCÉNARIO CENTRAL)38,5039,8+3,3 %

Lecture 2030 : trois inflexions majeures

(1) Recul lent de la maintenance/réparation mécanique (-0,7 % en 8 ans), insuffisant pour menacer la viabilité de la branche mais qui impose une adaptation continue. (2) Croissance soutenue de la réparation-collision (+6,2 %), tirée par les coûts unitaires plus que par les volumes. (3) Forte croissance des activités annexes (+8,8 %), incluant les services connectés, l’e-commerce, les nouveaux services (location courte durée, location pneumatiques en abonnement, services prédictifs). La structure du marché after-market en 2030 sera profondément différente de celle de 2020 : moins centrée sur la mécanique pure, plus orientée vers la collision et les services connectés.

Technicien consultant un banc de diagnostic électronique à côté d'un véhicule
9.14

Sources principales et statut des données

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Sources principales

– Mobilians (ex-CNPA) – Fédération des entreprises de mobilité ; Étude prospective TCG 2024 sur l’after-market à horizon 2030.

– FFC – Fédération Française de la Carrosserie.

– FNA – Fédération Nationale de l’Automobile.

– GiPA – Groupement Inter-Professionnel de l’Automobile (distribution de pièces).

– ANFA, GNFA – formation et apprentissage de la branche des services de l’automobile.

– SRA – Sécurité et Réparation Automobiles (statistiques sinistres).

– France Assureurs – bilan annuel du marché de l’assurance auto.

– ADEME – filière VHU.

– FEVAD – e-commerce.

– Communications de presse des opérateurs (Belron/Carglass, Mondial Pare-Brise, Mobivia, Bosch, Stellantis Eurorepar, Renault Motrio…).

– Argus – cote moyenne, valeur résiduelle.

– Code de l’environnement, directive UE 2000/53/CE (VHU), règlement BER 461/2010 prolongé en 2023, GSR 2019/2144.

Un panorama et une projection prospective

Ce chapitre combine deux types d’analyse, ce qui justifie une approche méthodologique spécifique :

– Un panorama des acteurs et des structures de l’after-market (sections 9.1, 9.4, 9.5, 9.6, 9.8, 9.9), majoritairement qualitatif : ces tableaux recensent les acteurs structurants (réseaux, distributeurs, équipementiers) sans nécessairement chiffrer leurs CA respectifs, souvent non publics (entreprises privées, filiales de groupes étrangers, périmètres de consolidation différents) ;

– Une projection prospective 2030 structurée (section 9.13 et tableau 9.2), fondée sur l’Étude prospective Mobilians/TCG 2024, qui constitue la référence sectorielle française pour la décennie 2025-2035.

Pour ces raisons, une profondeur historique de dix ans n’est pas appliquée mécaniquement au chapitre : les tableaux qualitatifs n’ont pas vocation à présenter une série temporelle, et la projection 2030 est par nature à deux points (2022 et 2030). Les éditions ultérieures pourront enrichir progressivement le chapitre à mesure que de nouvelles études prospectives sont publiées (nouvelle édition Mobilians/TCG attendue vers 2027).

Convention de datation – stock, flux et projection

Le chapitre mêle trois types d’indicateurs, en cohérence avec la convention adoptée pour l’ensemble du rapport (cf. chap 7 §7.12, chap 11 §11.11, chap 12 §12.11, chap 5 §5.11, chap 13 §13.12) :

– Stocks à un instant t : nombre de centres VHU (~1 700 mi-2025), nombre de garages indépendants (~30 000), nombre de centres dans les réseaux structurés (Top Garage ~400, Eurorepar ~1 400, etc.), emplois directs de la branche des services de l’automobile (~140 000), jeunes en formation dans la branche (73 200 en 2024-2025).

– Flux annuels : VHU traités par an (~1,2-1,3 M), cotisations assurance auto par an (28,1 Md€ en 2024), marché total AM VL par an (38,5 Md€ en 2022). Les libellés utilisent l’année civile simple.

– Projection prospective : marché AM VL 2030 (39,8 Md€ selon le scénario Mobilians/TCG à 75 % de BEV dans les VN 2030).

– Dates instantanées : jalons réglementaires (loi Hamon 2014, décret 2016-703 entré en vigueur le 1er janvier 2017 pour la PRE ; règlement BER 461/2010 prolongé en 2023 ; règlement GSR de juillet 2022 ; directives UE 2000/53/CE et 2023/1542 pour les VHU et batteries).

Lien avec les autres chapitres

[→ chap 1] Économie des mobilités : TCO d’un véhicule, dépenses des ménages.

[→ chap 4] Industrie et emploi : décomposition de la filière (~140 000 emplois after-market inclus dans les ~400 000 de la filière).

[→ chap 10] Immatriculations et VO : le marché VO comme déterminant de l’activité after-market.

[→ chap 7] Parc : composition et âge moyen comme déterminants directs du volume d’opérations.

[→ chap 13] Sécurité : accidentologie, ADAS et coûts associés.

Statut des données

Les indicateurs principaux 2022 (marché AM VL 38,5 Md€, structure en trois blocs) et 2030 (projection 39,8 Md€) sont confirmés sur la base de l’Étude prospective Mobilians/TCG 2024. Les indicateurs 2024 (cotisations assurance auto 28,1 Md€, hausse du coût des sinistres +25,7 % vs 2020) sont confirmés par France Assureurs et SRA. Les ventilations détaillées (e-commerce, réseaux d’ateliers, VHU, PRE, sinistres, formation) s’appuient sur des sources officielles 2024-2025 (SRA, France Assureurs, ADEME, ANFA, communiqués des réseaux). Quelques CA d’acteurs privés restent non publiés isolément et sont présentés en ordres de grandeur ou en indicateurs d’activité.